Comment se mettre facilement à la méditation
Photos D.R
Texte Nolynce Cerda
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La méditation n’a pas vocation à être de la relaxation contrairement à ce que l’on pourrait penser. Ce n’est pas non plus une solution miracle pour se défaire du stress ou faire le vide dans sa tête. C’est une méthode accessible à tous qui peut débloquer malgré tout beaucoup de choses. Explications.
La méditation est pratiquée depuis des millénaires un peu partout dans le monde et dans de nombreuses traditions. D’abord religieuse, elle est notamment associée à Bouddha qui percevait le corps et l’esprit comme ne faisant qu’un. Selon ses enseignements, l’un ne doit pas prendre le pas sur l’autre. La méditation n’a donc pas vocation à apprendre la maîtrise. Elle veut davantage l’attention du moment présent pour y voir plus clair. Aujourd’hui, elle est abordée de manière laïque en Occident. Le spécialiste Fabrice Midal cherche à casser le mythe de la relaxation qui en découle. Au contraire, pour lui : « Méditer, c’est affronter ses pensées et ses angoisses plutôt que de les occulter grâce à la pleine conscience. Ça nous permet de rentrer en rapport avec ce qui nous entoure avec bienveillance. » Dans son livre « La méditation c’est malin » (éd. Quotidien Malin), Marie-Laurence Cattoire voit la méditation comme une aide à développer une autre forme d’intelligence : « plus corporelle, plus directe, moins intellectuelle. » Cela permet aussi de revoir notre rapport au temps : « En nous (ré)apprenant à être présents, présents aux situations, présents à la vie, la méditation nous ouvre un rapport inédit au temps et à l’espace. » Une pratique qui a des effets physiologiques réels puisque la médecine et la science s’accordent à dire qu’elle a un impact positif sur la prévention des troubles cardio-vasculaires, la réduction de l’hypertension, l’amélioration des fonctions cognitives et du sommeil, la concentration, l’attention et le renforcement du système immunitaire.
De l’importance d’une pratique courte mais régulière
D’apparence, il est simple de méditer. Il suffit de trouver la juste posture, assis par terre ou sur une chaise, bien ancré, les yeux fermés ou à demi ouverts avec le regard projeté vers le bas selon les préférences. Le dos est droit, la mâchoire détendue, les mains à plat sur les cuisses, la bouche légèrement entrouverte pour sentir le souffle passer. On porte alors son attention sur sa respiration. Car prendre conscience de son air nous replace à l’instant T. « La respiration est un formidable antidote à la panique », écrit l’auteure. Puis, pendant une dizaine de minutes minimum, accueillez vos pensées, ne les occultez pas. Les « regarder sans s’y attacher ». Si l’esprit commence à partir, faire l’effort de revenir en pensant à son corps. Si une émotion vous envahit, identifiez-la et revenez à votre posture doucement. Peu à peu, elle s’évanouira comme les pensées car le fait même de l’avoir reconnue apaisera déjà la situation. Si un bruit extérieur vous dérange, ayez le réflexe de revenir sur votre souffle. Dix minutes quotidiennes suffisent pour reconnecter l’esprit et le corps et apprendre à vivre au présent dans la simplicité.