Dans la routine de Presnel Kimpembe Dans la routine de Presnel Kimpembe

Dans la routine de Presnel Kimpembe

Entretiens

Texte Matthieu Morge-Zucconi

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Le défenseur du PSG et de l'équipe de France parle teinture, tatouage et parfum secret.

Parmi les 23 champions du monde de football 2018, Presnel Kimpembe, 24 ans, est sans doute l’un de ceux que l’on a l’impression de connaître le mieux. À coup de stories Instagram enceinte en main et de performances solides sur le terrain, le défenseur du PSG et de l’Équipe de France a su se faire remarquer et respecter. Il nous a reçu en chemise Versace pour parler teinture pour cheveux, tatouages et football, évidemment.

Bonjour Presnel. Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Presnel Kimpembe. J’ai grandi dans le 95 (le Val d’Oise, ndlr). J’ai 24 ans, et je suis footballeur professionnel au PSG.

Raconte-moi une journée type d’entraînement.

Tout dépend des heures d’entraînement, parce que ça change souvent. Tu te réveilles le matin, petite douche, tu te prépares, t’arrives à l’entraînement. Tu te changes, petit déjeuner, et ta journée de boulot commence.

Elle s’organise comment, cette journée de boulot ?

D’abord, tu vois les kinés. Tu fais des assouplissements, des étirements, avant de commencer la musculation. Ensuite, c’est l’entraînement balle au pied. Tu reviens à la musculation, et puis tu fais un peu de soins, des bains froids pour récupérer. Tu vas manger, puis tu es libre de faire ce que tu veux, entre guillemets. Pendant la préparation de pré-saison, c’est un peu différent : on se prépare de son côté, puis on réattaque la saison après la coupure. Les entraînements avec l’équipe sont plus intenses, il y a plus de course, plus de cardio et de musculation. On bosse, quoi.

Justement, durant ton temps libre, tu aimes faire quoi ?

J’aime bien retourner dans le quartier où j’ai grandi, à Eragny. Je vais voir mes potes, ma famille. Quand je sors de l’entraînement, j’aime pas trop regarder la télé, les matches de foot. Je pense que je suis un peu à part.

Tu te réveilles à quelle heure ?

À 7:45. Je me prépare, puis je me mets en route. Je prends mon petit déjeuner au club. Pain, beurre, tranche de fromage et une omelette. Il faut que ce soit équilibré, c’est important (rires).

Tu fais pas mal attention à ton apparence… C’est important pour toi ?

Bah ouais. T’aimes bien mes cheveux ? Si t’aimes bien, ça va. J’ai voulu faire gris, mais j’ai pas réussi. C’est mon image, c’est ce que je montre aux gens, ce que je reflète. J’aime être propre, soigné. Après, c’est sûr que je viens pas tous les jours à l’entraînement en jean, mais j’aime bien me plaire à moi-même.

Tu fais pas mal de teintures. Qu’est-ce qui guide tes envies en terme de couleur ?

Le temps. Quand il fait beau, je fais des choses plus claires : du blanc, du blond, du gris. Quand j’arrive vers l’hiver, comme il fait plus froid, je mets un peu de rouge, du bleu. J’ai déjà essayé pas mal de choses. J’ai commencé les couleurs à 13 ans. Au début, j’étais un peu timide. Je faisais juste les pointes. Puis j’ai commencé à aller vers le blond, vers du blanc, du gris… Puis j’ai essayé le rouge, le bleu, le violet. On essaye.

Ça ne t’abîme pas trop les cheveux ?

On dit que ça t’abîme les cheveux. Mais si tu en prends soin, ça va. La preuve. J’ai plusieurs soins pour les cheveux. Quand j’ai les cheveux courts, je n’utilise pas les mêmes produits que lorsque j’ai les cheveux longs. Je fais moins attention quand j’ai les cheveux courts. Ça va plus vite le matin, j’ai pas besoin de mettre mes mains dans mes cheveux. Après, les abîmer… J’ai confiance en mes cheveux. Quand tu vois mon père… Tu sais que j’aurai pas de calvitie.

Tu te laves les cheveux tous les jours ?

Oui. J’utilise des produits nourrissants, pour les cheveux secs et frisés.

Dans le vestiaire, t’as tes produits avec toi, ou tu te sers de ce qu’il y a sur place ?

J’ai ma trousse de toilette avec tout. Mes crèmes, mes produits pour les cheveux, mon déodorant… J’ai un parfum aussi. Je connais pas la marque. Il est incroyable. Je l’ai dans ma voiture, là. Je l’ai volé à Thilo (Kehrer, joueur du PSG, ndlr). Un jour, il passe à côté de moi et je sens l’odeur. Ça sentait trop bon. Je lui ai demandé et il m’a montré ce que c’était. Incroyable. Vraiment. Mais j’ai pas envie de le montrer aux gens. Si je te le montre, tu dois garder le secret dans ton cerveau, mais tu ne le dis à personne. La marque est inconnue, mais ça sent trop bon. Thilo, je le lâche plus. Tu le trouves même pas sur Internet.

Ah oui, c’est un vrai secret. Sinon, tu as beaucoup de tatouages. Tu saurais me dire combien tu en as ?

Franchement, je ne pourrais pas les compter. J’ai les deux bras, l’intérieur, les deux mains. J’essaye de ne pas tout faire d’un coup, sinon j’ai plus de place (rires). Mes tatouages, ça représente quelque chose. Ils ont tous une signification pour moi. Je vais pas me faire un ballon de foot parce que je fais du foot, tu vois ?

Tu en prends soin comment ?

Au début, faut faire gaffe, le temps que ça cicatrise. Il faut faire attention au soleil, tout ça. Après, t’as plus de problème particulier.

Comment tu trouves l’équilibre entre ta vie de joueur pro, ta vie de famille, les sollicitations média ?

Une fois que je sors du foot, je ne suis plus au foot. Quand je suis au foot, je suis au foot. Au quartier, je suis au quartier. Avec ma famille, je suis avec ma famille. Il y a un temps pour tout, je fais la part des choses. Le football, c’est ma passion, c’est devenu mon métier. Mais je ne suis pas quelqu’un qui regarde tous les matches. Évidemment, quand je joue contre une équipe, je regarde ce qu’ils font, mais je vais pas regarder tout ce qui passe. Je suis comme ça, il faut que je puisse couper. Sinon, ma tête va gonfler et exploser. Certains joueurs s’intéressent à tous les matches, moi moins, c’est ma manière de fonctionner.

Ton activité sur les réseaux sociaux, c’est une manière de couper aussi ? Tu n’y parles que peu de football, en fait.

Oui. Ça m’aide à me changer les idées, à changer d’air. C’est aussi une manière de montrer aux gens qu’on a une vie en dehors du foot, avec des amis, une famille, des activités. C’est important, pour les gens qui ont eu le même parcours que moi. Je suis parti de chez mes parents à 12, 13 ans. La vie sociale, elle peut te manquer, à ce moment là, même si tu as ta vie sociale dans le vestiaire. Ça permet de reconnecter.

Une journée de match, elle s’organise comment ?

C’est un peu la même chose qu’une journée d’entraînement, sauf qu’à un moment tu arrives dans le vestiaire. Il y a plus de concentration, chacun est dans sa bulle. Tout le monde met un peu de musique. Certains préfèrent écouter la musique du vestiaire, d’autres écoutent leur propre musique avec leurs écouteurs, pour se concentrer.

Toi, tu préfères quoi ? Sur une enceinte, comme à la Coupe du Monde ?

Moi, je fais plutôt partie de ceux qui mettent leur casque. J’ai des chansons qui me motivent plus. Ça dépend des matches, de mon humeur. Le rap français, ça marche toujours. Un bon son énervé à la Fianso, c’est parfait. Avec ça, tu vas à la guerre.

En parlant de guerre, tu es un joueur combatif. C’est un trait de caractère que tu as dans la vie, aussi ?

Bien sûr. C’est mon signe astrologique. Je suis un lion. Et il faut manger.

T’es encore jeune, tu as toute une carrière devant toi. Le futur, c’est dans un coin de ta tête ? Tu le vois comment ?

Pour l’instant, comme tu dis, je suis jeune, j’ai le foot et une équipe autour de moi. Je ne me vois pas encore comme un businessman de 40 ans. Je pense un peu mes projets à court terme. Ça viendra avec l’âge !

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